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Igor Pestrikov  

Igor Pestrikov, entrepreneur russe de 58 ans, est exilé dans une ville du sud de la France. Sa vie a basculé il y a trois ans lorsqu’il a été inscrit sur la notice rouge d’Interpol. Aujourd’hui, il décrit le calvaire qu’il a vécu et dénonce le gouvernement Russe qu’il l’a accusé de manière injuste.  

Il y a quelques années, c’était un homme influent en Russie, où il est l’un des principaux actionnaires de Solikamsk Magnesium Plant (SMZ), une société spécialisée dans la production de magnésium et de métaux rares destinés notamment à l’armement. En raison de son importance stratégique, Moscou veut la nationaliser. On lui demande notamment d’arrêter de vendre à l’étranger pour n’approvisionner que le marché russe. 

« J’étais contre l’idée de vendre beaucoup moins cher à des clients choisis par le ministère. Ce n’était pas qu’une affaire de rentabilité, c’était aussi une question de morale. Personne ne voulait participer à la production de quelque chose qui tue les gens. », déclare l’homme d’affaires. 

Selon lui, ce refus et le fait que sa femme et sa fille possèdent la nationalité ukrainienne sont la cause de la nationalisation de ses entreprises. Pour le neutraliser, les autorités russes l’accusent en juin 2022 de « complicité de détournement de fonds ». De crainte d’être arrêté et jeté en prison sans autre forme de procès, il fuit le pays et demande l’asile en France. 

Mais le régime continue de le poursuivre. Pour obtenir son extradition, Moscou se tourne vers Interpol. Une notice rouge est émise contre lui. « Quand on est un terroriste comme Oussama Ben Laden c’est normal, on y est préparé. Mais quand on est un citoyen honnête qui respecte la loi, c’est comme vivre constamment au bord du suicide» , confie Igor.  

Arrivé en France, il craint d’être arrêté. Igor Pestrikov dépose plainte à la CCF, la commission de contrôle des fichiers d’Interpol. Le 17 avril 2024, au bout de sept mois d’attente, la décision tombe : l’avis de recherche est annulé. Dans leurs conclusions, les fonctionnaires estiment que les informations fournies par la police russe sont « génériques »et recouvrent une « dimension majoritairement politique ». En attendant, Igor Pestrikov n’a pu mettre un pied hors de France pendant près de deux ans. « Le problème, c’est que la Russie a encore le droit d’être membre d’Interpol, s’agace-t-il. Il lui suffit d’appuyer sur un bouton pour vous accuser de n’importe quel crime et continuer à vous persécuter. » 

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