À Bordeaux, les vêtements pour enfants deviennent de plus en plus chers et leur offre ne cesse de croître. Or, l’industrie textile reste la première source de pollution dans le monde. Face à ce constat, des solutions comme le marché de la seconde main s’imposent comme des alternatives responsables écoresponsables et économiques.
« Je ne me retrouvais plus dans ma vie professionnelle », confie Nathalie, ancienne agente de voyage dans le tourisme d’affaires. Passer du statut de salariée à celui d’auto-entrepreneuse a été la décision qu’elle a prise il y a deux ans, après la naissance de son deuxième enfant. Aujourd’hui, elle sillonne les routes de la Gironde avec son camion rempli de vêtements récupérés pour les 0 à 10 ans, qu’elle rachète directement aux parents pour les revendre à bas prix.
Stationné sur le trottoir, son fourgon blanc attire immédiatement le regard grâce au logo de la marque sur les côtés. À l’arrière, une ouverture invite les passants à pénétrer dans cet espace qui ressemble à un véritable magasin ambulant. À l’intérieur, les produits sont exposés avec soin, suivant les saisons, offrant un aperçu clair et coloré de toute la gamme proposée.
Cette quadragénaire se lance un défi de taille en s’implantant sur un marché souvent dominé par de grandes enseignes comme « Vinted », la plus connue en France. La difficulté d’installation est réelle : « L’entreprise fonctionne bien, déclare Nathalie, mais ce que je n’avais pas imaginé à sa juste valeur, c’est le temps nécessaire pour se faire connaître. »
Cependant, les réseaux sociaux comme Instagram et Facebook lui ont permis de gagner quelques clients supplémentaires, même si la majorité l’a découverte grâce au bouche-à-oreille. Aujourd’hui, le cœur du projet bat aussi autour de la création d’une boutique en ligne, pensée pour répondre rapidement à une demande croissante et atteindre un public plus large. Par ailleurs, le concept de “corner commerce” (espace dédié à une marque au sein d’un autre commerce) permet d’accroître sa visibilité à Bordeaux, comme dans l’épicerie Eco-Pin. Ce petit magasin, à l’atmosphère calme, met en avant différents produits de sa gamme, et c’est justement là que la rencontre avec Nathalie a eu lieu.
Entre les difficultés à attirer de nouveaux clients et le plaisir que lui procure sa nouvelle activité, l’année prochaine sera cruciale. Comme le souligne la responsable de La Marchande des Frip’ouilles : « 2026 sera décisif pour moi. »

Entrée de la boutique mobile « La Marchande des Frip’ouilles »