Le 24 novembre, un homme de 42 ans est jugé en comparution immédiate au tribunal de Bordeaux pour avoir approché son ex-compagne, alors que cela lui avait été interdit un mois plus tôt par un précédent jugement. Il était alors accusé de violences commises à l’encontre de cette même femme.
Nicolas Etournand, né le 18 juillet 1983 à Bordeaux et agent immobilier à Andernos, est jugé pour avoir donné deux claques à Mme Perrine en octobre, lui blessant le nez. Malgré l’interdiction de contact après la plainte, plus de cent appels ont été échangés, comme l’a rappelé la jurée. Celle-ci lui demande de recontextualiser les faits : le prévenu admet les violences, dit les regretter et évoque la force de leur relation : « Je ne suis pas fier… le problème, c’est qu’on s’aime ». Il parle même de « gifles non intentionnelles », ce qui étonne la jurée.
L’affaire du crédit CTLM vient également alourdir le dossier. La jurée le presse à deux reprises d’un ton ferme : « Combien ! », sous la pression il finit par admettre avoir sollicité 35 000 euros, justifiant sa demande par leur projet commun : « Elle était prête à m’aider et à avancer dans notre couple ». Le témoignage d’une amie de la victime vient pourtant contredire cette version. Elle décrit un homme manipulateur et rappelle la fragilité de son amie : « Elle avait arrêté la drogue, et depuis qu’elle est avec Nicolas, elle en prend gavé ». Le couple consommait en effet de la cocaïne et cannabis (renforçant l’impression d’une relation instable.)
Dans son réquisitoire, le procureur revient sur l’expression « gifles non intentionnelles », soulignant son incompréhension, et s’appuie sur le constat médical faisant état d’hématomes multiples sur tout le corps. Il requiert douze mois d’emprisonnement avec bracelet électronique, trois ans d’interdiction de contact, une indemnisation de la victime et cinq jours de cellule disciplinaire.
L’avocat de la partie civile rappelle les violences et la manipulation psychologique, tandis que la défense reste floue, répétant « contextuel » malgré la reconnaissance des faits.
Après délibération, le tribunal reconnaît M. Nicolas Etournand coupable de violences conjugales et le condamne à 12 mois d’emprisonnement avec bracelet électronique, assortis d’une obligation de travailler. Il lui est interdit de contacter la victime pendant deux ans et devra verser 500 euros d’indemnisations, le tribunal estimant qu’il est entièrement responsable de ses actes.